L'ANR, Alliance Nationale pour la Résistance, est l'union de tout les tchadiens opposés au pouvoir dictatorial et sanguinaire en place du président Déby. Fondé en 1995 sous le commandement du Colonel Mahamat Garfa, il est, depuis 2003, présidé par Mr MAHAMAT ABBO SILECK.
En 1987, MAHAMAT ABBO SILECK a 16 ans lorsqu’il s’engage dans l’armée tchadienne afin de reprendre la bande d’Aozou. Il fera partie de la poignée d’hommes qui mettront à genoux l’armée libyenne et un film, « l’ange guerrier », visible à la cinémathèque de Paris, lui sera consacré. Continuant sa carrière dans l’armée il deviendra l’un des plus jeunes colonels de l’histoire.
Dés 1995 il participe à la création de l’ANR et on lui doit par exemple la victoire de Tissi sur les forces gouvernementales. En 2003 SILECK refuse les accords de Libreville qu’il voit comme un marché de dupes au profit de DEBY et il continue son exil en France. SILECK va obtenir un Mastère de géopolitique à la Sorbonne avant de poursuivre par l’écriture en cours d’un doctorat à Paris II.
Pour un opposant désirant bien vivre trois solutions étaient alors possibles : le ralliement à DEBY (qui lui fut proposé plusieurs fois, y compris un Ministère du Pétrole), la soumission au Soudan ou la sujétion à Tripoli. MAHAMAT ABBO SILECK a préféré rester un patriote libre, ce qui s’est traduit par un dénuement extrême pendant 15 ans.
Mais ces années ont été fécondes car elles ont permis d’animer un groupe d’amis talentueux qui ont travaillé sincèrement à l’avenir du Tchad. Petit à petit le sérieux et le dévouement de cette équipe a fait tâche d’huile. Ces dernières années, sous l’égide de l’ANR, de chaleureux échanges ont été effectués entre tous les tchadiens mais il y a une multitude d’intellectuels, de militaires de haut niveau et de politiques tchadien qui ont pris contact avec le mouvement. Tout cela a permis la création d’un réseau souterrain extraordinaire qui peut être activé à tout moment.
L’ANR est la première organisation de la société civile tchadienne depuis l’indépendance. Elle n’a certes pas les moyens d’un Etat pour se faire connaître mais elle impulse et diffuse son influence depuis des années avec discrétion. De nombreux travaux ont circulé sous le manteau, du reste SILECK était en possession d’une charte de transition démocratique et d’une proposition de programme de gouvernement quand il a été arrêté.
SILECK est parti au Soudan légalement en octobre 2005, il avait rencontré des officiels soudanais avant son départ qui l’ont pressé de partir pour l’attirer dans un piège. Car, une fois au Soudan il représentait évidemment une alternative crédible à DEBY. Du coup MAHAMAT NOUR, complice des soudanais depuis de longues années où il a opéré pour eux des atrocités comme chefs des Jandjawids, en a pris ombrage. Il a donc demandé aux services de sécurité soudanais d’emprisonner et de détenir sans motifs, SILECK. NOUR espérait devenir le nouvel homme fort du Tchad, il n’a réussi qu’à devenir un aventurier perdu et condamné par sa propre médiocrité.
Car loin d’être décapitée par l’arrestation de son Président, l’ANR est sortie de l’ombre aussitôt, pour le soutenir et pour présenter aux tchadiens une réelle perspective d’avenir. Une étonnante mobilisation internationale s’est levée en faveur de la libération de MAHAMAT ABBO SILECK.
L’ANR compte plus de 2000 combattants de la liberté sur le terrain pret à l'action.