La mécanique debyque est enclenchée et on la connaît bien : manipulations, mensonges et montage des communautés les unes contres les autres.
Ayant compris que les ouaddaïens s’étaient ligués en bloc contre sa dictature, il nomme un Premier Ministre originaire de cette région avec pour mission de draguer effrontément les membres de son propre groupe ethnique.
En même temps en usant de toutes les méthodes de corruption possible on essaie d’attirer quelques Ouaddaïens qu’on va montrer comme des trophées de chasse, avant de les abandonner quand ils auront servi.
Quelques spécimens seront même exhibés de ci de la pour montrer des signes de ralliement et diviser les communautés. Ainsi on annonce que des mouvements d’opposition ont rejoint les négociations entre le gouvernement tchadien et le RFC à Tripoli.
C’est évidemment faux, s’il y a ( et ce n’est pas sur ) quelques ralliés, c’est évidemment à titre personnel, ils n’engagent qu’eux-mêmes.
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Youssouf Saleh est avant tout un proche de Deby qu’il a fidèlement servi.
Il ne sera pas suivi par les Ouaddaïens, on peut l’affirmer sans crainte.
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A part son nouveau Premier Ministre, Deby va tirer une autre cartouche de Deby qui va se révéler aussi foireuse que la précédente. Il s’agit du ralliement de certains membres de la CPDC dont la triste attitude de Lol Mahamat Choua a été le signe précurseur.
Tout cela n’est que de l’agitation, plus personne ne fait confiance à cette classe là. Ils sont usés, corrompus, fatigués, ils ont accepté toutes les compromissions et n’ont aucun relais populaire.
Tout cela sent la fin de règne. Deby peut encore tuer, corrompre et voler, ce qui est évidemment épouvantable mais il ne peut le faire que parce qu’il est protégé par l’étranger. Dés qu’il sera lâché par ses parrains, il disparaîtra dans les oubliettes de l’histoire.
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Plus que jamais le peuple tchadien attend de ses vœux que des hommes neufs et intègres prennent la relève.
Nous demandons donc avec insistance que se mette en place l’Union Militaire dont nous savons qu’elle avance à grand pas.
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Messieurs, le peuple vous attend dépêchez-vous !
Deby a choisi la personne la plus non représentative de l’échiquier socio-politique tchadien pour la hisser au poste de PM.
Que peut faire Youssouf Saleh Abbas dans un Tchad meurtri et bradé par Deby ?
De l’avis général, absolument rien ! Cadre du ministère des affaires étrangères, le nouveau Pm a quitté le Tchad en 1982 pour se refugier en France, qu’il n’a pas quitté depuis (il vient de renouveler sa carte de séjour de refugié le mois dernier), càd coupé du Tchad ; sauf une petite parenthèse en 1993 -94 où il a longuement et de manière persistante tournoyé autour de Deby à la recherche d’un poste politique, mais Deby l’avait royalement ignoré.
Youssouf Saleh Abbas sera un nième PM de Deby sans aucun pouvoir, et il sera combattu par les caciques du MPS (s’il en reste encore), car l’homme, opportuniste pur sang, voulant gouter à toutes les sauces, n’appartient à aucune sensibilité politique, ce qui est loin d’être un atout. Il sera considéré par l’opinion tchadienne comme étant de la mouvance présidentielle. Singleton politique, il l’est aussi sur le plan social, càd sans aucune assise ethnico-regionalo-tribale.
Pour autant, en nommant Youssouf Saleh Abbas au poste de PM, Deby poursuit plusieurs objectifs. Le premier est le démantèlement de la CPDC ; en effet le nouveau PM a été le représentant personnel de Deby auprès de la CPDC et a négocié pour le compte de Deby l’accord entre le gouvernement et la CPDC. S’étant familiarisé avec la plupart des membres de l’opposition et tissé des relations personnelles, Deby espère que son nouveau joker va casser la CPDC en intégrant quelques membres dans son gouvernement.
Deby est hanté par le fantôme d’Ibni ; en liquidant la CPDC, il espère se débarrasser de ce fantôme encombrant. Le second message est en direction de la communauté Ouaddaï : « J’ai fait assassiner Ibni, mais je vous donne le poste de PM, alors fermons la parenthèse Ibni », tel semble dire Deby.
Enfin Deby fait un doux clin d’œil à la France ; l’opinion publique française est de plus en plus hostie au soutien de la France à Deby. En nommant un homme pour ne pas dire un agent de la France au poste de PM, Deby espère une aide accrue de la France et diminuer l’hostilité de l’opinion française. Vis-à-vis de la France, il y a aussi une autre raison dans la nomination d’YSA. A l’Elysée, on pense qu’un vrai opposant doit être nommé PM et le nom de Lol Mahamat Choua est souvent avancé. Deby a voulu couper court.
Mais il y a l’autre face de la médaille : si Deby pense atteindre ces objectifs avec Youssouf Saleh Abbas, il n’a certainement pas mesuré les conséquences néfastes du revers de la médaille. Comment l’Union européenne qui est le parrain de l’accord entre la CPDC et le gouvernement appréciera l’enterrement unilatéral du dit accord ?
Plus grave est la marginalisation, plus exactement l’exclusion du Sud du Tchad des affaires de l’Etat. Il est vrai que le poste de PM n’a aucun pouvoir réel, mais avec un type du sud au poste de PM on avait l’impression que le pouvoir est partagé. Même cette fausse image, Deby vient de l’anéantir.
Beremadji Felix
N’djaména
Rédigé par : Nomination de Youssouf Saleh : un non événement ! | 17/04/2008 à 21:12