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13/10/2008

Nous sommes victimes d'un vol planifié.

Ce qui se passe au Soudan rétroagit au Tchad de manière évidente. Toutefois nous avons trop tendance à ne voir que nos problèmes immédiats tellement ils sont dramatiques. Mais si la guerre civile qui massacre nos concitoyens n-étaient que la conséquence de décisions géostratégiques qui nous dépassent ?

Si la déliquescence de l’Etat Tchadien avait pour but de nous empêcher de maîtriser les énormes ressources minérales qui abondent dans notre sol ?

Plus que jamais il faut comprendre que seule l’union de tous les Tchadiens honnêtes apparaît nécessaire et vitale ;

Chassons tous les corrompus et unissons-nous dans l’intérêt supérieur du pays !

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Dans son éditorial du mercredi 8 octobre, le quotidien indépendant Sudan Vision relate le détournement d'un navire ukrainien par des pirates somaliens; jusque là il semble que l'on puisse dire que ce genre d'action dans cette région de l'Est Africain est, ou est en passe, de devenir courante. En effet, les bateaux croisant dans l'Océan Indien objets d'un piratage sont en forte augmentation rappelle Le Matin. Il y a bien sur une source facile de revenus pour les assaillants.

Sauf que nous sommes là en face d'une prise d'otages particulière, très particulière même, puisque selon le manifeste du bord, ce navire transporterait des armes, et des chars... Une copie de ce manifeste laisserait apparaître des contrats de "quincaillerie" souscrits par le ministère de la Défense kenyan au nom du... gouvernement du sud Soudan...

Le Kenya se défend en disant que les armes à bord du Faina sont destinées à son armée, ce qui est son droit bien entendu. Mais l'ensemble des documents semble confirmer que les contrats étaient déclarés au nom du Sud Soudan avec pour expéditeur, toujours le Kenya. Ces mêmes documents, en particulier les numéros de contrats relatifs aux chars, lanceurs de rocket, lanceurs pour l'anti-aérien, portent les initiales du Gouvernement du Sud Soudan (GOSS).

A l'heure actuelle, des pourparlers sont en cours entre le propriétaire du bateau et les pirates somaliens, concernant une rançon de 20 millions de dollars. Le Kenya ne fait pas de commentaire sur cette affaire, sauf que la cargaison en "otage" ferait partie d'un programme de "restock" de son armée.

Selon le correspondant du Jane's Defence Weekly, plus d'une centaine de chars russes de type T 72 et T 55 auraient été reçus par le Sud Soudan dans les derniers mois. Si ce rapport est avéré, cela peut changer la donne dans cette région du Soudan, et modifier la balance militaire régionale.

Dans ce cas, et il s'agit simplement d'un parallèle avec le passé: le Kenya pourrait jouer le rôle de Cuba lors de la guerre civile en Angola qui "alimentait" à cette époque le MPLA (Mouvement Populaire de Libération de l'Angola), et en réalité n'était autre que le "représentant sur place" de l'ex bloc de l'Est, en étant l'intermédiaire avec ce pays.

La solidarité entre le Sud et Khartoum a été confirmée après la mort brutale du Président du Sud Soudan John Garang en août 2005, mais il y a énormément d'intérêts en jeu dans ce secteur africain.

En fond d'écran sur ces mouvements de matériels, n'oublions pas qu'un référendum pour l'indépendance du Sud est envisagé pour 2011 et que Khartoum ne laissera pas facilement se détacher du "giron national" cette riche partie de son actuel territoire qui en possède les zones pétrolières, actuellement exploitées par la Chine.

Ceci est bien loin des préoccupations des Européens et des occidentaux qui ont d'autres "chats à fouetter" pour le moment, les caméras de télévision et les photographes de Paris-Match n'ont pas orienté leur objectif dans ce sens, donc pas d'intérêt; et pourtant potentiellement cette région pourrait devenir le théâtre d'affrontements autrement plus importants qu'au Darfour actuel, en raison bien entendu du sacro-saint pétrole.

Le Soudan, qui compte tenu de ses réserves très importantes en or noir, figurera peut-être parmi les décideurs de l'Opep, et ce jour là, peut-être réitérera-t-on les "scénarios militaires d'invasion" vécus ou en cours de déroulement dans le Proche-Orient. Pourquoi pas?

PS : Ce qui est décrit ci dessus est déjà le cas du Tchad occupé par plus de 17 pays coloniaux !

Des milliards et des milliards de dollars pour sauver les banques et on ne peut pas régler la famine au Soudan et à l'Est. Mais pour qui nous prend t'on ?

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