Mercredi, la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt à l'encontre du président du Soudan Omar el-Béchir , pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. Une première pour un chef d'État encore en exercice, qui suscite de nombreuses réactions internationales.
La Chine "opposée" au mandat d'arrêt contre Béchir
Pékin "s'inquiète au sujet du mandat d'arrêt que la CPI a émis contre le président soudanais". "Nous appelons la CPI à ne pas juger cette affaire pour le moment (...) La principale mission de la communauté internationale est de préserver la stabilité au Darfour, de continuer à promouvoir le processus politique et le déploiement de la force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine (...) La Chine est opposée à toute ingérence dans la situation pacifique du Darfour et du Soudan", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang.
Hillary Clinton : "Béchir aura l'occasion de se défendre au tribunal"
La secrétaire d'État américaine considère que "la CPI a émis un mandat d'arrêt sur la base d'une très longue enquête, qui appartient maintenant à la justice et c'est bien (...) Le président Béchir aura l'occasion de se défendre au tribunal (...) S'il pense que cette inculpation est erronée, il peut la contester (...) Mais j'espère que cela ne va pas provoquer davantage de violence ou de mesures de rétorsion du gouvernement de Béchir".
Ban Ki-moon : "Le Soudan doit coopérer pleinement"
Pour le secrétaire général de l'ONU, "la CPI est une institution judiciaire indépendante (...) Le gouvernement soudanais doit coopérer pleinement avec la Cour (...), bien que le statut de Rome n'impose aucune obligation aux États qui n'en sont pas parties (Le Soudan n'est pas signataire du statut de Rome, qui avait créé la CPI, et en conséquence ne reconnaît pas celle-ci, NDLR)"
La ligue arabe est "solidaire" de Béchir
"Le Conseil de la Ligue arabe a été très troublé par le mandat d'arrêt (...) et exprime sa solidarité avec le président Béchir (...) Le Conseil a exprimé son regret quant à l'incapacité du Conseil de sécurité des Nations unies de reporter la décision prise par la CPI (...) C'est un développement grave qui n'a pas tenu compte de l'immunité des chefs d'État qui figure dans la Convention de Vienne de 1961", déclare au Caire le secrétaire général de l'organisation panarabe, Amr Moussa.
Libye : "C'est une décision illégale"
"C'est une décision illégale que nous refusons et qui n'engage pas la Libye (...) Elle vise à saper la sécurité et la stabilité au Soudan et en Afrique (...) Ce qui s'est passé au Darfour n'équivaut pas aux crimes commis en Palestine, en Irak et en Afghanistan. Pourquoi la CPI ne juge-t-elle pas (l'ex-président américain) George W. Bush pour ses crimes ?", s'emporte le ministre libyen chargé des affaires africaines, Ali Triki,
Une certaine rébellion tchadienne : "Le mandat d'arrêt contre Béchir est injuste"
"Nous exprimons notre solidarité avec le président el-Béchir. Ce mandat n'a aucun sens. Rien n'est avéré pour avoir des charges aussi lourdes (...) Ce mandat est injuste et disproportionné. Le véritable coupable de la crise du Darfour est Idriss Deby Itno (le président tchadien, NDLR) qui a soutenu et organisé la rébellion au Darfour et qui a causé ces dégâts par un règne calamiteux. El-Béchir n'a fait que se défendre."
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Les Soudanais manifestent et Bechir danse contre la CPI.
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