Aide au développement : le G8 ne tient pas ses promesses
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Que décideront les dirigeants du G8 à L'Aquila concernant les pays les plus pauvres et l'aide publique au développement (APD) ?
Des promesses ambitieuses avaient été faites au sommet de Gleneagles en 2005. Les pays les plus riches de la planète s'étaient engagés à augmenter leur aide aux pays pauvres à concurrence de 50 milliards de dollars à l'horizon de 2010, dont 25 milliards pour l'Afrique au sud du Sahara. Ces promesses ont été réitérées aux sommets de Saint-Pétersbourg et de Heiligendamm. Elles ont été reprises encore une fois l'an dernier à Hokkaido.
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Mais le G8 constatait aussi un « dangereux retard » sur ses engagements. Notamment, l'augmentation de l'aide à l'Afrique se chiffrait alors à seulement 3 milliards de dollars, bien loin de l'objectif de 25 milliards en 2010 !
En fait, l'aide au développement stagne depuis 2005, à un niveau certes plus élevé que celui de 2004, année de référence des promesses de Gleneagles, mais loin de l'objectif annoncé pour 2010. Il manquait à peu près 30 milliards de dollars pour atteindre cet objectif en 2008, dont un peu plus de 20 milliards pour l'Afrique subsaharienne. A ce stade, il n'est pas improbable que les résultats de 2009 accusent un retard encore plus grand.
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Certains justifieront cette stagnation, ou cette probable régression, de l'aide par les besoins nés de la crise.
Des sommes considérables ont été mobilisées pour sauver le système financier international et tenter d'enrayer une récession durable de l'économie mondiale. Après tout, ces montants aident les pays riches mais aussi les pays pauvres, qui se trouveraient, sans cela, étranglés par la récession mondiale.
Ce raisonnement est trop rapide. D'un point de vue normatif, il ignore la solidarité internationale.
D'un point de vue positif, il néglige le fait que l'APD peut s'inscrire elle aussi dans la relance de l'économie mondiale.
Les pays développés disposent de filets de sécurité efficaces pour minimiser le coût social de chocs économiques majeurs.
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Ce n'est pas le cas des pays en développement, même si c'est chez eux que se trouvent les victimes les plus démunies de la crise.
On estime aujourd'hui que la récession pourrait causer en 2009 une augmentation de la pauvreté (moins de 1,25 dollar par jour et par personne) de l'ordre de 20 millions de personnes.
Laisser stagner, ou retarder encore la hausse promise de l'APD ne peut qu'augmenter ce chiffre, et interrompre pour un certain temps le progrès vers les objectifs de développement du millénaire.
A terme, le solde de la crise en termes de pauvreté mondiale risque donc d'être bien plus lourd que le chiffre précédent.
Au moment de la mise en place des plans de sauvetage dans les économies riches, la remarque a été faite que l'on peinait à trouver 30 milliards de dollars pour tenir les promesses du G8 vis-à-vis des pauvres de la planète, alors que l'on mobilisait des sommes autrement plus considérables pour « sauver les banquiers ».
Cette observation n'est pas très convaincante, dans la mesure où le sauvetage du système bancaire était indispensable et où il s'est souvent effectué à travers des garanties et des injections de liquidités plutôt que par des transferts de revenu.
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En revanche, on n'a pas assez insisté sur le fait qu'une hausse de l'APD pouvait être considérée comme faisant partie de la relance mondiale.
En effet, transférer plus aux économies en développement relancera leur marché intérieur, mais augmentera aussi leurs importations, notamment en provenance des économies développées, très exactement à concurrence de l'aide supplémentaire. Honorer enfin à L'Aquila les promesses faites à Gleneagles, Heiligendamm ou Hokkaido aux pays pauvres contribuerait à un double objectif : atténuer les effets à court et moyen terme de la crise sur les plus pauvres des pauvres dans le monde, et relancer l'économie mondiale par le biais du commerce international.
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