Soudan: la crainte d'un retour à la guerre palpable
dans les Montagnes Nuba.
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Les bombardements aériens ont cessé depuis des années dans les verdoyantes montagnes Nuba, au coeur du Soudan, mais les têtes se lèvent encore au passage d'avions au-dessus de cette enclave trouble où la population craint un retour à la guerre civile.
"La paix a été signée il y a cinq ans, mais nous sommes préoccupés par les problèmes à venir", résume Younan Albaroud, un ex-guérillero devenu homme politique, au pied d'un mémorial sobre dans une école bombardée pendant la guerre civile Nord-Sud.
Un accord de paix a mis fin en 2005 à ce conflit vieux de deux décennies et à l'origine de deux millions de morts entre les rebelles du Sud-Soudan et le gouvernement central de Khartoum, opposés sur des questions religieuses, économiques, ethniques et idéologiques.
Cet accord octroie une autonomie politique au Sud-Soudan qui pourrait être convertie en indépendance complète à l'issue du référendum prévu en janvier 2011.
Les habitants des Montagnes Nuba seront toutefois exclus de ce référendum. Ils devront plutôt déterminer leur futur dans des "consultations populaires" qui demeurent encore vagues.
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Cette région d'une superficie une fois et demie supérieure à la Belgique, parsemée de sommets escarpés, de vertes étendues et de fermes irriguées par les pluies constituait une enclave de partisans de la rébellion sudiste en territoire nordiste, majoritairement musulman.
"Pendant la guerre nous avons combattu pour l'égalité dans un Soudan uni --appelé +Nouveau Soudan+ (projet du défunt chef rebelle John Garang, ndlr)--, mais aujourd'hui le Sud veut faire son indépendance seul", regrette Bashir Kuku.
"Nous avons peur d'être abandonnés", enchaîne ce fermier tout en sirotant une bière de sorgho sous un arbre, au marché hebdomadaire de Kauda, QG pendant la guerre des rebelles sudistes du Mouvement populaire de Libération du Soudan (SPLM) dans les Montagnes Nuba.
"Si le Sud-Soudan opte pour l'indépendance, nous serons seuls face au Nord", craint-il.
"Certains d'entre nous sont chrétiens, certains sont musulmans, d'autres suivent des croyances africaines, mais nous vivons comme si nous ne faisions qu'un", remarque Ezekial Elamin, un autre fermier.
"Mais sans le Sud, les nordistes vont prendre nos terres et nous imposer la charia (loi islamique). Alors, nous devrons nous battre", avance-t-il.
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Peter Moszynski, un analyste réputé sur le Soudan, confirme que "les Nubas ont peur de la sécession du Sud, parce qu'ils risquent de devenir une minorité isolée dans le Nord et, en plus, sur la ligne de feu d'un éventuel conflit entre le Nord et le Sud".
"Ils préfèreraient que le pays demeure uni, mais cette option semble de moins en moins réaliste", ajoute-t-il.
"Il y a plusieurs milices qui ont combattu avec le gouvernement, elles sont toujours puissantes et ont beaucoup de fusils", affirme Kamal al-Nur, ex-colonel dans la rébellion sudiste.
Des combattants Nubas ayant incorporé l'armée sudiste au terme de la guerre civile Nord-Sud pourraient aussi retourner leur veste si le sud optait pour son indépendance.
Avant le référendum sur la sécession du Sud, le Soudan doit tenir en avril 2010 ses premières élections multipartites en 24 ans, un test démocratique qui comporte son lot de risques alors que les tensions demeurent vives entre le Nord et le Sud.
La population des Montagnes Nuba, lourdement endeuillée par la guerre civile, est partagée à l'approche de ces élections. "Peut-être pouvons-nous régler des problèmes par ces élections. Mais malheureusement je crois que le temps des armes reviendra", regrette Adam Arnab, un marchand local.
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-------------------------- ------------------------------------- Lutteurs et guerriers Noubas
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