Tchad : le SG de la présidence interpellé pour corruption.
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Souvent présenté comme un fidèle des fidèles du Président Deby, Haroun Kabadi jusque là secrétaire général de la présidence et secrétaire général par intérim du MPS, le parti au pouvoir, est actuellement en garde à vue à la police judiciaire.
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Haroun Kabadi est soupçonné d’avoir reçu un pot-de-vin dans le cadre de l’enquête sur des détournements au sein du ministère de l’Education. Le parquet affirme de son côté que l’actuel secrétaire général de la présidence est un suspect parmi d’autres et qu’ils seraient actuellement une trentaine issus de différentes administrations à être inculpés.
Selon plusieurs sources, un commerçant serait parvenu à obtenir un marché public de plusieurs milliards de francs CFA pour l’achat de manuels scolaires, sur la base d’un procès verbal de réception frauduleux, mais aussi en distribuant des pots-de-vin dans différentes administrations publiques. Il aurait également obtenu l’exécution d’une partie du marché pour une valeur d’un milliard cinq millions de francs CFA.
« Il y a eu un journal local qui avait fait des simulations des gens qui pouvaient devenir Premier ministre et il [Haroun Kabadi] était donné le premier sur cette liste. N’oubliez pas que Monsieur Kabadi est le premier responsable du MPS en ce moment par intérim. On s’achemine vers des élections législatives et présidentielle, donc c’est le premier responsable du parti qui doit diriger la campagne. Je veux dire qu’à partir de cet instant tout le monde a dégainé les couteaux. Donc Kabadi savait qu’il était sur la liste des gens à exécuter », affirme maître Jean-Bernard Padaré, avocat d’Haroun Kabadi. Son avocat affirme aussi que ce dernier n’a jamais rencontré le commerçant en question.
Mais le procureur de la République, Hamza Abdul, laisse cependant entendre que personne ne cherche à manipuler la justice avec cette affaire. Pour l’heure, l’actuel Secrétaire général de la Présidence du Tchad, dont la photo prônait encore ce dimanche sur le site internet de la présidence n’est pas formellement inculpé et devrait être déféré au parquet lundi.
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(Voir plus bas le début de la dernière tambouille débyque)
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La vache à lait de tous les régimes va-t-elle mourir de sa belle mort ? Ces derniers temps ça bouge à la Cotontchad ; à la suite d’une enquête déclenchée par le gouvernement, des agents de la société, certes des seconds couteaux, sont arrêtés : le Directeur de la production, M. Djimaldé, le Directeur commercial, M. Mosset, le Directeur de l’usine de Kyabé, un certain Tao, etc. D’autres sont convoqués à N’djamena et en voie d’être arrêtés. Le DG de la Société, Mangaral Banté, ex Dircab et SGP de Deby, suspendu et empêché de voyager, ainsi que d’autres anciens responsables de la société. Pourquoi ce remue ménage et maintenant ? La Cotontchad est en péril, au bord du gouffre. Son fossoyeur a pour nom Deby qui a pour mains armées un certain Haroun Kabadi.
Dans les années fastes, la production annuelle de la Cotontchad avoisinait facilement les 270.000 T de coton graines, on se rappelle que feu Tombalbaye avait tablé sur 750.000 T pendant la campagne 1974-75, tandis que celle attendue de l’actuelle campagne serait à peine 30.000 T. Une catastrophe ! Parmi les mille et une raisons de cette dégringolade récurrente de la production, il faut citer le comportement rapace et carnassier de Deby et de son bras armé. Depuis 1987, Haroun Kabadi a toujours végété dans ou autour de la Société nationale. Si ce n’est pas son nez, ce sont ses mains, si ce ne sont pas celles-là, ce sont ses pattes qu’on trouve dans les affaires de la société : en tant que DG, PCA, Ministre de l’Agriculture, SGP, et PM. Kabadi a toujours géré directement ou indirectement la Cotontchad.
En 1998, Kabadi détourne toute l’enveloppe destinée à l’achat des engrais sans que personne ne bouge ; rebelote pendant la campagne 2007-2008 dans le cadre d’un marché fictif qui n’a bien sûr pas livré les engrais. Sans engrais, point de production. Le budget des engrais, ce sont des milliards et les détournements de Kabadi sont un secret de polichinelle dans les milieux informés, alors on comprend aisément pourquoi il n’a jamais été inquiété. Dans un passé proche, la vente du coton est l’affaire exclusive de la Direction commerciale installée à Paris, qui place directement le coton auprès des différents acheteurs, lesquels acheteurs versent l’argent directement à la BEAC. Les procédures de la vente du coton tchadien, ainsi que l’autonomie du Tchad dans la vente de son coton étaient vantées par tous les milieux professionnels. Depuis l’arrivée de Deby ce schéma fut chamboulé.
Deby est devenu Directeur commercial bis et Kabadi son agent d’exécution : les deux compères passaient outre la direction commerciale et vendaient eux-mêmes le coton à des privés, majoritairement des nigérians, et bien évidemment les revenus de ces transactions mafieuses ne passent jamais par la BEAC. Il faut dire que Kabadi ne joue pas l’intermédiaire uniquement dans le domaine cotonnier. Il est aussi au centre de l’affaire le dernier marché fictif qui est en train d’éclabousser les Ministères des Finances et de l’Education Nationale. C’est lui qui a scanné la signature de Deby pour l’apposer au bas du document du marché et convoqué le Ministre des finances pour lui demander de débloquer urgemment l’enveloppe sur « instructions fermes du Président », sinon la rentrée scolaire sera perturbée, répétait-t-il inlassablement.
Que ce soit à la Cotontchad ou ailleurs, les vrais responsables ne sont pas ceux qu’on arrête, qu’on suspend, qu’on humilie, etc. C’est juste du cinéma, comme dirait l’autre.
Beremadji Félix

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