50 ans d’indépendance du Tchad : Education
nationale, on avance en reculant.
Le développement des ressources humaines est la première priorité de toute stratégie de réduction de la pauvreté et la condition sine qua non de la modernisation de l’économie, de la consolidation du processus démocratique et d’une croissance inclusive. Mais au Tchad, le développement de l’éducation est dominé par toute une série d’obstacles.
Classe surchargée, personnel insuffisant, enseignants démotivés et de moins en moins qualifiés, absence de matériel didactique, dans un contexte général ou la progression de la scolarisation ne suit pas la croissance démographique, où les filles et garçons ne sont pas sur un pied d’égalité et où l’analphabétisme reste important. Le problème de qualité se pose au niveau de l’enseignement de base. Sur tous les plans, efficacité interne du système, taux de redoublement, taux d’achèvement, et taux de survie les résultats obtenus ne sont pas encore satisfaisants.
D’autres facteurs expliquent que la qualité inadéquate de l’enseignement, la diminution du pourcentage des maîtres qualifiés avec l’augmentation rapide du nombre de maîtres communautaires sans formation complémentaire adéquate et le ratio élèves et maîtres.
Le Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (SNRP2) montre que “ environ 62% de Tchadiens entrent dans la vie active sans avoir reçu un enseignement primaire complet et 47% de ceux qui achèvent le cycle primaire restent analphabètes”. La proximité d’un établissement scolaire est aussi un indicateur de la facilité d’accès à l’éducation. Les données de l’Enquête de Consommation des Ménages et du Secteur Informel au Tchad II (Ecosit2) montrent que 55% des élèves mettent plus de 15 minutes pour atteindre leur école.
Ce temps est nettement plus long dans la zone rurale septentrionale que dans le sud et dans les villes. Tous les rapports qui dressent un état des lieux de l’éducation au Tchad depuis les cinquante années sont alarmants et concluent à la faillite de la plupart des systèmes éducatifs du pays.
De grandes faiblesses sont apparues dans les systèmes éducatifs tchadiens, à cause de l’absence de consensus pour définir et gérer l’école dans ce pays. Malgré que le gouvernement a mis en œuvre une stratégie “Education – formation – emploi” pour améliorer l’efficacité du système et en février 2002, il a préparé une lettre de politique sectorielle visant à universaliser l’éducation primaire en 2015.
Le rapport d’évaluation adopté en avril 2005 à Alger, au cours de la deuxième conférence des ministres de l’Education de l’Union africaine stipule en effet que la plupart des systèmes éducatifs sur le continent africain restent inadaptés aux besoins sociaux, aux perspectives d’emploi et aux exigences de l’économie nationale.
Un responsable du ministère de l’Education nationale estime que « moins d’un tiers des enfants âgés de sept ans avaient accès à l’école primaire, que le taux de scolarisation dans l’école secondaire plafonnait avec de fortes disparités régionales et une sous-représentation des filles tandis que la population de dix ans et plus ne savait ni lire ni écrire dans une des deux langues officielles : le français et l’arabe littéraire ». Si des efforts ont été accomplis grâce aux revenus du pétrole, dans le secteur de l’enseignement de base et du secondaire, le Tchad est resté très en deçà des objectifs de l’éducation pour tout afficher.
Même si le pays progresse avec la construction et le recrutement des enseignants, la chance d’atteindre les 80% de taux net de scolarisation d’ici 2015 est une utopie pour les Tchadiens. L’enseignement secondaire reste le parent pauvre du système éducatif. Les systèmes d’enseignement secondaire n’ont pratiquement pas changé depuis l’heure d’indépendance. Le pourcentage des élèves terminant le cycle secondaire évoluent mais la plupart de ces élèves sont de vrais tonneaux vides.
On attribue la faillite du système d’enseignement à toute une série d’obstacles. L’instabilité politique, les conflits liés aux guerres, la politique d’austérité, imposée aux pays africains en crise par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international a affecté négativement le corps enseignant.
Selon Jérôme Mbainaïssem, ancien professeur au lycée Félix Eboué, « Les maigres rémunérations des enseignants ne les motivent pas à se donner entièrement à l’enseignement et les frais de scolarité et les fournitures scolaires ; cahiers et livres sont devenus trop lourds pour les familles les plus démunies ».
Pour sortir les systèmes éducatifs de l’impasse, plusieurs solutions sont proposées. Certaines sont à forte connotation politique.
Mbainaïssem suggère en ce sens : « la résurrection de l’enseignement de base et secondaire au Tchad, passe par l’affirmation de l’Etat de droit, le respect des libertés, le refus des conflits et des guerres fratricides ». La déclaration d’Alger insiste sur la gratuité de l’école, l’obligation scolaire, l’égalité d’accès à l’école entre les filles et les garçons.
Autre proposition très en vogue est la mise en place une éducation bilingue notamment dans le cycle primaire jusqu’aux universités initié par le président de la République Idriss Déby Itno le 31 décembre dernier à Sarh.
Jean Philippe Odinakachi
Selon nos informations, pour combler le trou budgétaire de 170 milliars de FCFA, Déby a décidé d'emprunter une somme indéterminée auprès d'un pays inconnu. Tout cela sent encore la magouille, pourrait-il en être autrement ?
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Les Soudanais doivent recevoir la raclée, on va leur donner
Rédigé par : Tous contre Khartoum. | 04/07/2010 à 22:17